Emile Joulain

Emile Joulain


Emile Joulain      

Né en 1900 à Mazé, o il restera toute sa vie, il obtient son certificat d'études, voit passer la première automobile du village - un riche grainetier - et écrit sa première chanson. Le Gâs Mile est l'un des meilleurs conservateurs de la langue d'Anjou.

En 1943, il publie son premier recueil et il y en aura beaucoup d'autres, comme l'hommage à son illustre parrain en 1974 Les rimiaux du Grand Soulé, pour le centenaire de la naissance du premier poète de langue angevine.

Emile avait déjà fondé avant la guerre sa propre troupe de théâtre "Les Tréteaux de la Loire" et sera partagé entre sa passion pour les planches, les lettres et les exigences de la terre paternelle.

Dès 1946, le petit paysan de Mazé" se met à arpenter les salles paroissiales et les tréteaux de villages, d'un bout à l'autre du département, prêtant sa voix aux "sons et lumières" et aux émissions du "Studio d'Angers". Il met en joie les banquets de personnes âgées et séduit un public de jeunes de son oeil o brille l'ironie, hante les kermesses et les simples bistrots. L'auteur des Filles de la Louère, son plus beau poème, est ouvert au monde, à la jeunesse. On le voit au "Printemps de Bourges et au Théâtre d'Angers.

On lui remet en 1987 la palme des Arts et Lettres. Hervé Bazin écrira "On ne glosse pas sur Joulain, on l'écoute. Ce qu'il a de superbe, c'est son humilité, sa tendresse, son bonheur d'avoir existé là o il est vrai".



ARRET'VOUS, L'MOND'

Arrêt'vous, l'mond'
Faison ein'pause.
R'garder, c'est point du temps pardu.
La vie est point déjà si rose.
J's'rons toujos assez tot rendus.

En c'temps icitt" y'o qu'les feuill's poussent
Dans l'z'âb's on voet mieux les châtiaux.
La terre è's'dégrade en teint'douces,
Jusqu'au bleu fumeux des ctieaux.

Y'a ein' poussièr' vart' s'l'z'épaules
Des saul's, des frên's et des humeaux,
Et les p'tits chatons des marsaules,
I'l'étaient ouvarts pour les Rameaux.

Nout' campagn', pour ét'ps jolie,
S'met des coulers s l'pus p'tit champ,
Et les pepliers d'Italie
I's sont tous roug's comm' dans l'couchant.

 


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